Le diabète touche des centaines de millions de personnes dans le monde, mais les fausses informations sur cette maladie continuent de se propager aussi rapidement qu’auparavant, influençant souvent la façon dont le grand public perçoit cette pathologie. Par exemple, on pourrait penser qu’un diagnostic de diabète résulte principalement d’une alimentation riche en sucre, mais en réalité, le lien n’est pas toujours aussi direct. Vous vous demandez peut-être même si l’on peut « attraper » le diabète d’une autre personne. Pour vous permettre de bien comprendre les subtilités de cette affection courante, voici 10 idées reçues auxquelles il ne faut plus croire — et 10 faits qui vous aideront à vous faire une idée plus précise de ce qu’est réellement le diabète.
1. Une consommation excessive de sucre provoque le diabète
Beaucoup de gens pensent que c’est la consommation excessive de bonbons, de sodas ou de desserts qui provoque le diabète, mais la relation est bien plus complexe que cela. Le diabète de type 1 se développe parce que le système immunitaire attaque par erreur les cellules du pancréas qui produisent l’insuline, et l’alimentation n’a rien à voir avec le déclenchement de ce processus. Le diabète de type 2 peut être influencé par des facteurs tels que la génétique, l’âge et le niveau d’activité physique, et bien qu’une alimentation riche en sucres ajoutés puisse contribuer à une prise de poids qui augmente le risque, le sucre n’est pas à lui seul la cause unique qu’il faudrait pointer du doigt.
2. Seules les personnes en surpoids développent un diabète
On a tendance à considérer le diabète comme une maladie qui ne touche que les personnes en surpoids, mais de nombreuses personnes ayant un poids normal développent elles aussi un diabète de type 2. Les antécédents familiaux, l’origine ethnique, l’âge et même les zones du corps où la graisse a tendance à s’accumuler jouent tous un rôle dans le développement de cette maladie. Les personnes minces ou sportives ne sont pas automatiquement à l’abri ; écarter cette possibilité sur la seule base de l’apparence physique peut donc retarder un diagnostic qui revêt une importance capitale.
3. Un diagnostic signifie que vous ne pourrez plus jamais manger de sucreries
L’idée selon laquelle les desserts disparaissent à jamais dès qu’une personne reçoit un diagnostic de diabète est l’un des mythes les plus décourageants qui soient, et elle est tout simplement fausse. La gestion de la glycémie repose sur l’équilibre, la maîtrise des portions et l’association des glucides à des protéines ou des fibres, plutôt que sur l’élimination de catégories entières d’aliments. Une part de gâteau d’anniversaire ou une boule de glace de temps en temps s’intègre très bien dans la plupart des programmes de prise en charge du diabète, à condition de tenir compte des autres repas de la journée.
4. Le diabète peut se transmettre d'une personne à une autre
Certaines personnes craignent que le fait d’être en contact étroit avec une personne atteinte de diabète puisse, d’une manière ou d’une autre, les exposer à un risque, mais cette maladie n’est en aucun cas contagieuse. Elle n’implique ni virus ni bactérie, et on ne peut pas la contracter en partageant un repas, en échangeant une étreinte ou en vivant sous le même toit. Cette confusion provient sans doute du fait que le diabète est souvent évoqué au même titre que d’autres maladies chroniques, alors que ses causes sont en réalité étroitement liées à la génétique, à la réponse immunitaire et à des facteurs métaboliques.
5. Le recours à l'insuline signifie que le traitement a échoué
Beaucoup de gens considèrent qu’une prescription d’insuline est le signe qu’ils ont commis une erreur ou que leur état a atteint son stade le plus grave, mais cette interprétation passe complètement à côté de l’essentiel. L’insuline n’est qu’un outil parmi d’autres permettant de maintenir la glycémie dans une fourchette saine ; certaines personnes en ont besoin dès le début, tandis que d’autres y ont recours plus tard, à mesure que leurs besoins évoluent. Le fait d’avoir besoin d’insuline ne reflète pas de mauvais choix ni un manque d’efforts ; cela reflète simplement la façon dont la production d’insuline par l’organisme évolue naturellement au fil du temps chez de nombreuses personnes atteintes de diabète.
6. Le diabète n'est pas quelque chose à prendre au sérieux
Le diabète étant très répandu et souvent bien pris en charge, certaines personnes le considèrent comme un simple désagrément plutôt que comme un véritable problème de santé. Or, s’il n’est pas pris en charge, le diabète peut endommager le cœur, les reins, les yeux et le système nerveux, et il reste l’une des principales causes de complications graves à l’échelle nationale. Traiter cette maladie à la légère, plutôt que d’élaborer avec un médecin un plan de prise en charge cohérent, augmente le risque de voir ces complications apparaître à l’avenir.
7. L'activité physique présente trop de risques pour les personnes diabétiques
L’activité physique est souvent considérée à tort comme risquée pour les personnes diabétiques, alors que les études montrent en réalité le contraire. Une activité physique régulière aide l’organisme à mieux utiliser l’insuline, favorise le maintien d’un poids sain et peut, à terme, réduire la dose de médicaments dont certaines personnes ont besoin. Il est bien sûr judicieux de consulter un médecin pour déterminer quelles activités conviennent à votre situation particulière, mais renoncer complètement à l’activité physique fait généralement plus de mal que de bien.
8. Les fruits présentent trop de risques pour les personnes diabétiques
Les fruits sont souvent assimilés à tort aux bonbons et aux sodas, ce qui conduit de nombreuses personnes à croire qu’il faut les éviter complètement après un diagnostic de diabète. Les fruits entiers contiennent des fibres, des vitamines et de l’eau qui contribuent à ralentir la vitesse à laquelle le sucre passe dans le sang, ce qui les distingue des en-cas et des boissons sucrées. La taille des portions reste importante, et il peut être utile d’accompagner les fruits d’une source de protéines ou de lipides, mais les supprimer complètement prive l’organisme de nutriments dont la plupart des gens tirent réellement profit.
9. Les symptômes apparaissent toujours immédiatement
Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le diabète ne se manifeste pas toujours par des symptômes évidents tels que la soif, la fatigue ou des variations soudaines de poids. Le diabète de type 2, en particulier, peut se développer progressivement au fil des années sans présenter de symptômes suffisamment alarmants pour inciter à consulter un médecin. Le dépistage systématique est d’autant plus important que l’hyperglycémie peut persister pendant des années sans déclencher aucun signe avant-coureur évident.
10. Le diabète gestationnel entraîne un diagnostic à vie
Entendre parler de « diabète gestationnel » pendant la grossesse peut être inquiétant, surtout si l’on part du principe que cela revient à un diagnostic définitif. Pour la plupart des femmes, la glycémie revient à la normale peu après l’accouchement, et cette affection ne persiste pas au-delà de la grossesse. Cela dit, le fait d’avoir souffert d’un diabète gestationnel augmente le risque de développer un diabète de type 2 plus tard, ce qui justifie de prévoir un suivi régulier.
Dissiper ces idées reçues ne représente toutefois que la moitié du chemin, car savoir ce que le diabète n’est pas ne permet pas toujours de comprendre ce qu’il est réellement. Les 10 points suivants abordent les détails concrets, étayés par des données scientifiques, qui permettent d’avoir une compréhension plus complète de cette pathologie.
1. Le diabète n'est pas une maladie unique
Le diabète recouvre en réalité plusieurs pathologies distinctes, notamment le diabète de type 1, le diabète de type 2 et le diabète gestationnel, qui évoluent chacune différemment et nécessitent une approche thérapeutique spécifique. Selon le CDC, le diabète de type 2 représente environ 90 à 95 % des cas diagnostiqués, tandis que le diabète de type 1 ne concerne qu’une part beaucoup plus faible. Considérer le diabète comme un diagnostic unique et uniforme revient à négliger les différences d’évolution entre ces formes et les approches thérapeutiques variées adoptées par les médecins.
2. Le diabète de type 1 est une maladie d'origine immunitaire
Le diabète de type 1 survient lorsque le système immunitaire attaque par erreur les cellules du pancréas productrices d’insuline ; les chercheurs le considèrent comme une maladie auto-immune plutôt que comme une affection liée au mode de vie. Le CDC souligne que la génétique et certains facteurs environnementaux, tels que les virus, semblent jouer un rôle dans le déclenchement de cette réponse immunitaire. Ce processus peut se dérouler pendant des mois, voire des années, avant l’apparition des symptômes, ce qui explique en partie pourquoi le diabète de type 1 est souvent diagnostiqué de manière inattendue chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.
3. Le diabète de type 2 résulte d'une combinaison de facteurs
Le diabète de type 2 résulte généralement d’une combinaison de facteurs génétiques, de l’âge, du niveau d’activité physique et de la façon dont l’organisme réagit à l’insuline au fil du temps, plutôt que d’une cause unique. Les antécédents familiaux augmentent considérablement le risque ; ainsi, une personne dont un proche parent est atteint de diabète de type 2 devrait être particulièrement attentive à ses propres facteurs de risque. Des changements de mode de vie, tels qu’une activité physique régulière et une alimentation équilibrée, peuvent réduire le risque de développer cette maladie, mais ils agissent en complément des facteurs génétiques plutôt qu’en les annulant complètement.
4. Des millions de personnes en sont atteintes sans s'en rendre compte
Un nombre surprenant de personnes vivent avec le diabète pendant des années avant d’en recevoir le diagnostic, souvent parce que les premiers symptômes semblent bénins ou sont confondus avec d’autres affections. Le CDC indique que plus de deux adultes sur cinq sont en état de prédiabète, et ces chiffres sont encore plus élevés chez ceux qui ignorent qu’ils en sont atteints : huit sur dix. Un dépistage régulier de la glycémie, en particulier chez les adultes à partir de 35 ans environ, permet de détecter ces cas avant que des complications n’aient le temps de se développer.
5. Un apport équilibré en glucides est préférable à une suppression totale
Plutôt que de supprimer complètement les glucides, la plupart des programmes de prise en charge du diabète mettent l’accent sur l’équilibre, le moment de la consommation et l’association des glucides avec des protéines ou des fibres afin de ralentir la montée de la glycémie. Travailler avec un médecin ou un diététicien pour déterminer un objectif individuel en matière de glucides donne généralement de meilleurs résultats que de suivre une restriction standardisée. Cette approche permet aux personnes de continuer à profiter d’une grande variété d’aliments tout en maintenant leur glycémie dans une fourchette saine.
6. L'activité physique joue un rôle direct dans le contrôle de la glycémie
L’activité physique aide les muscles à utiliser le glucose plus efficacement, ce qui peut faire baisser la glycémie tant pendant l’effort que pendant les heures qui suivent. L’Association américaine du diabète recommande à la plupart des adultes diabétiques de combiner une activité aérobique régulière et de la musculation, en fonction de leur état de santé et de leurs capacités individuelles. Même de courtes promenades tout au long de la journée peuvent, cumulées, faire une différence notable pour les personnes qui ne sont pas en mesure de s’engager dans des séances d’entraînement plus longues.
7. L'insuline est un outil de prise en charge, pas un verdict
Le traitement à l’insuline consiste simplement à remplacer ou à compléter ce que l’organisme ne produit pas lui-même, et de nombreuses personnes y ont recours avec succès pendant des années sans que leur état ne s’aggrave. Certaines personnes atteintes de diabète de type 1 ont besoin d’insuline dès le diagnostic, tandis que d’autres, atteintes de diabète de type 2, y ont recours plus tard, lorsque les autres médicaments ne suffisent plus à couvrir leurs besoins. Considérer l’insuline comme un outil pratique plutôt que comme un revers facilite considérablement l’adaptation à son utilisation.
8. Un diabète non pris en charge peut affecter plusieurs organes
Une glycémie élevée sur le long terme peut endommager les vaisseaux sanguins et les nerfs dans tout l’organisme ; c’est pourquoi le diabète a des répercussions bien au-delà du simple taux de glucose. Le CDC considère le diabète comme l’une des principales causes d’insuffisance rénale, d’amputations des membres inférieurs et de cécité chez les adultes aux États-Unis. Une prise en charge rigoureuse, comprenant des bilans de santé réguliers et une surveillance de la glycémie, réduit considérablement le risque de voir ces complications se développer au fil du temps.
9. Le diabète gestationnel augmente le risque futur
Le diabète gestationnel disparaît généralement de lui-même après l’accouchement, mais il a des répercussions durables sur les risques pour la santé à long terme. Le CDC souligne que les personnes ayant souffert de diabète gestationnel présentent un risque accru de développer un diabète de type 2 plus tard dans leur vie, et que leurs enfants sont également exposés à un risque plus élevé d’obésité et de diabète de type 2. Un suivi après la grossesse permet aux médecins de détecter rapidement toute variation de la glycémie, bien avant que celle-ci ne devienne un problème plus grave.
10. Le dépistage précoce influe sur les résultats
Le dépistage systématique du prédiabète ou du diabète à un stade précoce offre aux personnes une réelle opportunité de modifier leurs habitudes avant l’apparition de complications graves. Les recommandations actualisées du CDC et de l’Association américaine du diabète préconisent désormais un dépistage dès l’âge de 35 ans pour la plupart des adultes, suivi d’un nouveau test tous les trois ans. Aborder la question du dépistage avec un médecin, plutôt que d’attendre l’apparition des symptômes, permet aux personnes d’être bien mieux à même de gérer leur santé de manière proactive.