L’époque victorienne a apporté de grands changements dans les domaines de la médecine, de l’assainissement et de la santé publique, mais les conseils de bien-être au quotidien reposaient encore largement sur des suppositions. Les gens faisaient souvent confiance à un traitement parce qu’un médecin le recommandait, qu’une publicité faisait des promesses audacieuses ou qu’il provoquait un changement immédiat dans leur état de santé. Certaines habitudes populaires, telles que la pratique régulière d’une activité physique, l’air frais, l’hygiène et une meilleure alimentation, pouvaient réellement contribuer à la santé d’une personne, même si les Victoriens n’en comprenaient pas les fondements scientifiques. D’autres traitements faisaient appel à des substances addictives, à des ingrédients toxiques ou à des procédures qui pouvaient aggraver l’état d’un malade. Ces 20 pratiques illustrent ce que les Victoriens essayaient lorsqu’ils souhaitaient se sentir plus forts, plus sereins, plus propres ou mieux protégés contre la maladie.
1. Un plongeon dans l'eau froide
Les médecins vantaient les mérites de la « cure de mer » avant même le règne de la reine Victoria, et celle-ci est restée populaire tout au long du XIXe siècle. Les baigneurs étaient convaincus que l’eau de mer froide pouvait fortifier l’organisme, améliorer la circulation sanguine et apaiser les nerfs. Un séjour à la côte était également l’occasion de se promener le long du rivage, de se reposer loin de chez soi et de respirer un air plus pur. Ces bienfaits tout simples ont peut-être eu plus d’effet que la baignade glaciale elle-même.
2. La cure de l'eau
L’hydropathie a fait de l’eau une véritable routine quotidienne de bien-être, bien plus qu’un simple bain rapide. Les patients pouvaient s’immerger dans de l’eau froide, se placer sous des douches puissantes, s’envelopper dans des draps humides ou boire de grandes quantités d’eau. Ce programme rigoureux favorisait le repos, l’activité physique et l’adoption d’habitudes plus saines ; certains patients ont donc pu se sentir mieux, selon la nature de leurs maux.
3. Eau minérale
Les curistes de l’époque victorienne ne se contentaient pas de se baigner dans l’eau de source naturelle. Ils pensaient que différents minéraux pouvaient soulager les troubles digestifs, les affections cutanées, la goutte, la fatigue et la faiblesse. Certains séjournaient dans des stations thermales pendant des semaines, en suivant un programme soigneusement établi.
4. Éviter les odeurs désagréables dans l'air
De nombreux Victoriens pensaient que des maladies telles que le choléra se propageaient par le biais des miasmes, qu’ils décrivaient comme de l’air toxique s’élevant des égouts, des ordures et des matières en décomposition. Cette théorie n’expliquait pas correctement le mode de propagation des infections. Néanmoins, le nettoyage des rues, une meilleure circulation de l’air et l’amélioration du système d’assainissement ont permis d’améliorer les conditions sanitaires dans de nombreux foyers et communautés.
5. L'air frais
On conseillait souvent aux personnes atteintes de tuberculose et d’autres maladies de longue durée de quitter les villes surpeuplées et de passer du temps au grand air. Ces habitudes pouvaient améliorer le bien-être, l’alimentation et la condition physique générale pendant une longue maladie, mais elles ne permettaient pas d’éliminer l’infection bactérienne à l’origine de la tuberculose.
6. Les bains turcs
Les bains turcs victoriens comprenaient plusieurs salles remplies d’air chaud et sec, suivies d’un lavage, d’un massage et d’un rinçage à l’eau fraîche. Leurs adeptes estimaient qu’une transpiration abondante ouvrait les pores, améliorait la circulation sanguine, soulageait la douleur et éliminait les substances nocives de l’organisme.
7. Huile de foie de morue
L’huile de foie de morue était souvent administrée aux enfants atteints de rachitisme et aux personnes qui semblaient maigres, faibles ou mal nourries. Les Victoriens ne connaissaient pas la vitamine D, mais cette huile en contient et pouvait aider à traiter le rachitisme causé par une carence. Malheureusement, sa texture épaisse, son odeur forte de poisson et son arrière-goût persistant rendaient chaque cuillerée difficile à avaler. Malgré tout, il s’agissait là d’un remède victorien qui présentait une réelle valeur médicale.
8. Prendre un tonique
Les toniques, les amers, les sirops et les élixirs promettaient de soulager les maux de tête, l’insomnie, l’indigestion, la fragilité nerveuse, la fatigue et d’innombrables autres maux. Certains de ces remèdes contenaient de l’alcool, de l’opium ou d’autres substances psychoactives puissantes. Un regain d’énergie momentané ou un changement d’humeur pouvait donner l’impression que le produit était efficace, mais la maladie à l’origine de ces symptômes pouvait rester totalement non traitée.
9. Laudanum
Le laudanum était un mélange d’opium et d’alcool que de nombreux foyers victoriens gardaient à portée de main. On l’utilisait pour soulager la douleur, la toux, la diarrhée, l’insomnie et les douleurs menstruelles. Il pouvait atténuer la douleur et réduire certains symptômes, mais son utilisation régulière comportait également des risques graves, notamment la dépendance, l’intoxication et le surdosage mortel.
10. Le vin de coca
À la fin de l’époque victorienne, les consommateurs pouvaient acheter du vin mélangé à des feuilles de coca et présenté comme une boisson fortifiante. Les vendeurs affirmaient qu’il pouvait aider les personnes souffrant d’épuisement, de troubles nerveux et de dépression mentale ou physique. Le mélange d’alcool et de stimulants à base de coca pouvait procurer un regain d’énergie notable.
11. Plaquettes d'arsenic pour le teint
À la fin de l’époque victorienne, certains produits de beauté étaient commercialisés comme des médicaments agissant de l’intérieur. Les pastilles à l’arsenic pour le teint promettaient une peau plus nette, moins d’imperfections et une silhouette plus voluptueuse.
12. Courroies électriques
À l’époque, l’électricité était perçue comme une nouveauté, un signe de modernité et une source d’enthousiasme ; elle s’est donc rapidement imposée dans la publicité victorienne consacrée à la santé. Ceintures électriques, corsets, brosses et autres gadgets du même genre prétendaient soulager les troubles nerveux, la faiblesse, la douleur, les problèmes digestifs et les troubles de l’intimité. Certains appareils produisaient un faible courant ou une sensation de picotement que les clients pouvaient ressentir immédiatement, mais cela ne signifiait pas pour autant qu’ils avaient une quelconque efficacité.
13. Les sangsues
La saignée est devenue moins courante à l’époque victorienne, mais elle n’a pas complètement disparu. On pensait alors que les sangsues pouvaient soulager l’inflammation, la fièvre, la congestion ou un déséquilibre néfaste au sein de l’organisme. Les sangsues permettaient de prélever du sang à un endroit précis. Bien sûr, ce traitement pouvait affaiblir encore davantage le patient.
14. Médecine à base de mercure
Les composés du mercure étaient utilisés pour traiter la syphilis, mais on les trouvait également dans d’autres médicaments. Une salivation abondante, des sueurs et des diarrhées pouvaient être interprétées comme des signes indiquant que la maladie quittait l’organisme. En réalité, le traitement au mercure pouvait endommager la bouche, les dents, les nerfs et les organes, et pouvait même, dans certains cas, être mortel.
15. Cigarettes médicinales
À la fin de l’époque victorienne, les personnes souffrant d’asthme inhalaient parfois les fumées dégagées par la combustion de mélanges contenant du stramonium, du tabac, de la lobélie ou d’autres ingrédients. Certaines substances chimiques végétales pouvaient détendre brièvement les voies respiratoires rétrécies, ce qui explique en partie pourquoi certains patients faisaient état d’un soulagement à court terme. Malheureusement, ce traitement envoyait également de la fumée directement dans des poumons déjà fragilisés.
16. La cure par le repos
La cure de repos était le plus souvent prescrite aux femmes chez lesquelles on avait diagnostiqué une hystérie, une neurasthénie ou un épuisement nerveux. Le traitement pouvait inclure de longues périodes alitées, l’isolement, des repas copieux, des massages et de la stimulation électrique. La lecture, l’écriture, le travail et les visites familiales pouvaient également être limités. Les médecins souhaitaient que les patientes reprennent du poids et des forces, mais de nombreuses femmes trouvaient le manque d’activité physique, d’autonomie et de stimulation intellectuelle profondément perturbant.
17. Garder la peau propre
Les auteurs victoriens spécialisés dans la santé estimaient qu’une peau propre aidait le corps à éliminer la sueur et les substances indésirables. Ils encourageaient la prise de bains, l’utilisation de savon, le port de vêtements propres et un lavage vigoureux afin de prévenir l’obstruction des pores et les maladies. Même s’ils n’avaient pas tout à fait raison en ce qui concerne la guérison des maladies, une meilleure hygiène personnelle pouvait réduire certaines infections, certains problèmes cutanés et la propagation de la saleté dans les logements surpeuplés.
18. Faire du sport
La marche, l’aviron, la gymnastique, la gymnastique suédoise et les haltères ont tous trouvé leur place dans la culture physique victorienne. Les partisans de ces activités estimaient qu’une pratique régulière pouvait améliorer la posture, la digestion, la force et la discipline. Certains promoteurs promettaient plus que ce que l’exercice pouvait réellement apporter. Il n’en reste pas moins que la pratique régulière d’une activité physique figurait parmi les recommandations de santé les plus pratiques et les plus utiles de l’époque.
19. Régimes végétariens
Le végétarisme organisé s’est développé dans la Grande-Bretagne victorienne pour des raisons médicales, religieuses, éthiques et financières. Les réformateurs de la santé associaient les repas sans viande à une meilleure digestion, à la pureté du corps, à la maîtrise de soi et à la protection contre les maladies. La plupart des végétariens victoriens continuaient à consommer des œufs et des produits laitiers, à l’instar des personnes qui suivent aujourd’hui un régime lacto-ovo-végétarien.
20. Arrêter de boire de l'alcool
Les militants de la tempérance estimaient que renoncer à l’alcool pouvait améliorer la santé tout en protégeant les familles de la pauvreté, de la violence et de l’instabilité. Certains groupes prônaient une consommation modérée, tandis que les organisations abstinentes prônaient l’abstinence totale et encourageaient les engagements à vie. Parallèlement, les médecins continuaient de prescrire du vin ou du brandy pour lutter contre la faiblesse et favoriser la convalescence, ce qui rendait l’attitude des Victoriens vis-à-vis de l’alcool assez complexe.