Les 10 principaux problèmes du système de santé américain et les 10 pays dont nous pouvons nous inspirer
Le système de santé américain peut accomplir des choses incroyables, mais son utilisation ressemble souvent à un parcours du combattant déroutant (et coûteux). Vous pouvez avoir d’excellents médecins et des hôpitaux à la pointe de la technologie, tout en devant faire face à des coûts imprévus, à une paperasserie interminable et à des règles qui changent en fonction de votre carte d’assurance. Il en résulte un système qui dépense beaucoup, stresse les gens et laisse encore des lacunes qui ne devraient pas exister. Voici 10 problèmes majeurs auxquels les Américains sont confrontés lorsqu’ils tentent d’accéder aux soins et 10 pays dont les approches offrent des enseignements utiles.
1. Nous payons le prix fort, mais n'obtenons pas toujours la meilleure qualité.
Les États-Unis dépensent plus par personne pour les soins de santé que les autres pays à revenu élevé, mais ces dépenses supplémentaires ne se traduisent pas nécessairement par de meilleurs résultats ou un accès plus facile. Lorsque vous payez le prix fort, vous vous attendez à moins de complications, pas à plus.
2. Les dettes médicales restent un problème très américain
Même avec une assurance, des millions d’Américains ont des dettes médicales, qui peuvent les suivre longtemps après la fin de leur maladie. KFF estime à au moins 220 milliards de dollars le montant des dettes médicales à l’échelle nationale, ce qui est un chiffre énorme pour un pays aussi riche. Si une visite aux urgences peut se transformer en un plan de paiement sur plusieurs années, le système n’encourage pas vraiment les soins préventifs.
3. Le fait de ne pas être assuré (ou d'être sous-assuré) est encore trop fréquent.
Le taux de personnes non assurées s’est amélioré par rapport aux années précédentes, mais des millions de personnes ne bénéficient toujours pas d’une couverture. Les rapports du CDC/NCHS montrent que des millions de personnes n’étaient toujours pas assurées en 2024, même après les progrès récents. Et pour beaucoup d’autres, « être assuré » signifie toujours des franchises élevées et des dépenses imprévues importantes.
4. Les prix semblent être fixés au fur et à mesure
Aux États-Unis, les prix pour une même procédure peuvent varier considérablement, et les patients ne peuvent souvent pas obtenir de réponse claire à l’avance. Les comparaisons internationales montrent régulièrement que les prix pratiqués aux États-Unis sont bien plus élevés que ceux de leurs homologues pour de nombreux services et traitements hospitaliers courants. Lorsque vous ne pouvez pas prévoir le coût, vous ne pouvez pas prendre de décisions de consommation normales, et c’est un problème.
5. La facturation est une quête secondaire dont personne ne voulait
Les Américains passent un temps déraisonnable à gérer le codage, les demandes de remboursement, les refus, les « explications des prestations » et les appels téléphoniques interminables. Les groupes de recherche soulignent régulièrement que les coûts administratifs sont un facteur important de l’augmentation des dépenses aux États-Unis par rapport à d’autres pays. Il est difficile de se concentrer sur l’amélioration de son état de santé avec un système frustrant qui ajoute du stress à votre vie.
6. Les réseaux d'assurance transforment les soins de base en un véritable casse-tête
Vous pouvez tout faire « correctement », choisir un hôpital du réseau, et vous retrouver malgré tout pris au piège par un prestataire hors réseau que vous n’avez pas choisi. Des lois telles que le No Surprises Act permettent d’éviter certains des pires scénarios, mais le labyrinthe des réseaux reste une réalité quotidienne. Vérifier constamment sa couverture est épuisant et source d’erreurs faciles.
7. Les soins primaires sont insuffisants
Beaucoup de gens considèrent les soins primaires comme un luxe, car il est difficile d’obtenir un rendez-vous, de trouver des cliniciens ou de payer les consultations. Les États-Unis sont également confrontés à une pression importante sur le personnel médical, les projections indiquant une pénurie significative à venir. Lorsque les soins primaires sont insuffisants, tout le reste devient plus coûteux et chaotique.
8. On parle davantage des soins préventifs que de leur soutien
Nous aimons l’idée de la prévention, mais le système récompense souvent davantage les traitements et le volume que la santé à long terme. Les gens reportent les examens médicaux, les traitements médicamenteux et les soins précoces parce qu’ils s’inquiètent du coût ou du temps que cela représente. Le problème s’aggrave alors, et la facture devient plus salée.
9. Les soins sont fragmentés
De nombreux Américains passent d’un spécialiste à l’autre, d’un laboratoire à l’autre, d’une pharmacie à l’autre et d’un hôpital à l’autre, sans que ces différents acteurs communiquent efficacement entre eux. Cela signifie que vous devez sans cesse répéter votre histoire, suivre vos dossiers et espérer que personne ne passe à côté d’une information importante. Lorsque la coordination fait défaut, c’est généralement vous qui devez vous en charger, alors que vous n’avez pas demandé à assumer cette tâche.
10. Votre lieu de résidence peut déterminer les soins que vous recevez
L’accès et la qualité varient considérablement d’une région à l’autre, et un « bon » programme dans un État peut s’avérer problématique dans un autre. Les zones rurales peuvent être confrontées à une pénurie de cliniciens et à des temps de trajet plus longs, tandis que certaines zones urbaines disposent de capacités mais à des coûts plus élevés. Votre code postal ne devrait pas avoir d’incidence sur la qualité des soins que vous recevez.
Maintenant que nous avons abordé certains des principaux problèmes du système de santé américain, parlons de ce que font les autres pays, afin que nous puissions en tirer des enseignements, les adopter et peut-être les améliorer.
1. Royaume-Uni
Le système de santé britannique (National Health Service) repose sur le principe de la couverture universelle, avec des soins dispensés en fonction des besoins plutôt que des moyens financiers. Il est largement salué pour son équité et son efficacité. Bien qu’il ne soit pas parfait, il montre ce à quoi ressemble un pays qui considère l’accès aux soins comme une attente normale.
2. Allemagne
L’Allemagne utilise une couverture obligatoire avec un vaste système d’assurance légal articulé autour de « caisses d’assurance maladie », qui couvre la grande majorité des résidents. Ce modèle montre comment il est possible de combiner une structure à plusieurs payeurs avec un accès large et des règles strictes. La principale conclusion à en tirer est que la concurrence peut exister, mais qu’elle doit être organisée et strictement réglementée.
3. Taïwan
L’assurance maladie nationale taïwanaise est un système universel, obligatoire et à payeur unique, souvent cité comme un exemple moderne de couverture rationalisée. Elle nous rappelle qu’un système simple peut réduire le chaos administratif. La leçon à en tirer est que moins il y a d’éléments mobiles, moins les gens ordinaires ont de maux de tête.
4. Pays-Bas
Les Pays-Bas ont mis en place un système réglementé avec une couverture de base obligatoire et une concurrence structurée entre les assureurs. Les règles en vigueur obligent les assureurs à fonctionner comme des services publics ouverts au grand public, et non comme des entreprises privées avides d’argent. Il est utile de retenir que le choix fonctionne mieux lorsqu’il s’accompagne d’une protection solide des consommateurs.
5. Australie
Le système Medicare australien offre une assurance publique universelle, avec des subventions importantes pour de nombreux services médicaux et soins hospitaliers publics. La leçon à en tirer est qu’il est possible de conserver des options privées sans que l’accès de base soit considéré comme un produit de luxe. Il s’agit d’un modèle « universel d’abord, options supplémentaires facultatives », qui fonctionne plutôt bien.
6. Canada
Le modèle canadien d’assurance maladie financé par l’État établit des normes nationales pour les services hospitaliers et médicaux médicalement nécessaires. L’idée principale est que les soins de base ne devraient pas dépendre de votre emploi ou de l’assureur qui approuve votre demande de remboursement. Il existe également des assurances privées par le biais du travail, mais elles concernent les soins non urgents, comme la physiothérapie ou les soins dentaires.
7. Japon
Le Japon dispose d’une couverture universelle grâce à l’adhésion obligatoire à des régimes liés à l’emploi ou au lieu de résidence. L’une des principales leçons à tirer est que la couverture universelle n’entraîne pas automatiquement une augmentation incontrôlée des dépenses. Cela montre également comment un pays peut définir des attentes claires afin que les patients n’aient pas à se demander ce qui est couvert.
8. Suède
Le système suédois est universel et financé en grande partie par les impôts régionaux et municipaux, avec une administration locale soumise à la réglementation nationale. Il est largement considéré comme l’un des meilleurs systèmes de santé au monde en termes de qualité des soins.
9. Suisse
La Suisse est souvent citée en exemple pour avoir mis en place une couverture universelle grâce à une assurance obligatoire, tout en continuant à fonctionner avec des assureurs privés et une réglementation stricte. Elle est également réputée pour ne pas être « bon marché », mais son système est structuré. L’une des grandes leçons à tirer est que les règles sont tout aussi importantes que le modèle de paiement, en particulier en ce qui concerne les prestations et la protection des consommateurs.
10. France
La France est souvent saluée pour sa large couverture et son accès relativement facile par rapport à d’autres pays comparables, en particulier pour les soins courants. La leçon à en tirer est qu’un système peut combiner des principes universels avec le choix des prestataires tout en rendant les coûts plus prévisibles pour les patients.