Les infirmières ne sont pas là pour vous juger, mais pour veiller à votre sécurité, et la plupart de leurs demandes ont une raison d’être que vous ne percevez peut-être pas depuis votre lit. Une dose oubliée, un repas manqué, un « j’ai peur » dit en toute sincérité plutôt qu’un « ça va » prononcé par réflexe : tout cela change la manière dont elles peuvent réellement vous aider. C’est souvent dans le décalage entre ce que disent les patients et ce qui se passe réellement que les choses tournent mal. Il ne s’agit pas ici d’être pris sur le fait, mais de bénéficier plus rapidement de meilleurs soins. Voici 20 choses que les infirmières aimeraient sincèrement que les patients osent dire à voix haute.
1. À quel point souffrez-vous réellement ?
Minimiser la douleur pour paraître courageux ne fait que retarder le soulagement dont vous avez besoin et complique la tâche de l’équipe suivante pour évaluer votre état réel. Un chiffre honnête a plus d’importance qu’un chiffre qui donne l’impression de courage. Les infirmières préfèrent adapter votre prise en charge dès que possible plutôt que de vous voir tenir le coup tant bien que mal toute la nuit.
3. Ce que vous avez réellement bu ou consommé
L’alcool, les drogues récréatives et les compléments alimentaires interagissent tous avec les médicaments et l’anesthésie d’une manière qui revêt une importance médicale, et non morale. Ne pas en parler ne vous protège pas ; cela ne fait que priver l’infirmière d’informations dont elle a besoin pour assurer votre sécurité. Elle a déjà tout entendu, il n’y a donc aucune version de votre histoire qui puisse la surprendre.
4. À quelle heure avez-vous mangé ou bu pour la dernière fois ?
Avant une intervention, le fait de répondre honnêtement au sujet de cette barre de céréales ou de cette gorgée de café vous protège en réalité contre les complications pouvant survenir pendant la sédation. Dire « rien » alors que ce n’était pas le cas peut transformer une intervention de routine en une intervention à risque. Les infirmières préfèrent retarder brièvement une intervention plutôt que de devoir faire face à une urgence qui aurait pu être évitée.
6. Allez-vous réellement suivre le plan de sortie ?
Si aller chercher un médicament sur ordonnance, payer une consultation de suivi ou vous reposer pendant deux semaines n’est pas réaliste compte tenu de votre situation, le fait de le signaler leur permettra d’adapter le plan pour qu’il corresponde à ce que vous pouvez réellement faire. Un plan parfait que vous ne pouvez pas suivre n’aide personne. Les infirmières préfèrent mettre en place un plan imparfait mais réalisable.
7. Que tu as peur, et que tout ne va pas si bien que ça
On répond souvent « Ça va » par réflexe, même quand ce n’est pas vrai, et les infirmières savent généralement faire la différence de toute façon. Nommer directement sa peur, qu’il s’agisse d’un diagnostic, d’une piqûre ou de ce qui va se passer ensuite, leur permet de s’y attaquer directement au lieu de tourner autour du pot. Le fait de l’exprimer à voix haute contribue également à atténuer cette peur.
9. Pouvez-vous vous permettre d'acheter vos médicaments ?
Il arrive souvent que l’on renonce à faire remplir une ordonnance pour des raisons financières, et les infirmières préfèrent de loin en être informées plutôt que de supposer que vous ne prenez tout simplement pas le traitement au sérieux. Elles peuvent souvent vous proposer des alternatives, des programmes d’aide ou des médicaments génériques. Rien de tout cela n’est possible si la véritable raison reste cachée.
10. Si vous avez d'abord essayé un remède maison ou une astuce trouvée sur Internet
Tout ce que vous avez essayé avant votre arrivée, que cela vous ait aidé, aggravé votre état ou n’ait eu aucun effet, permet aux infirmières de mieux comprendre ce qui se passe réellement dans votre corps. Elles ne vous feront pas de reproches à ce sujet. Elles ont simplement besoin de connaître l’historique complet de vos symptômes pour pouvoir les interpréter correctement.
11. Que tu n'as pas dormi
Le sommeil a une incidence sur la guérison, la tolérance à la douleur et la clarté mentale bien plus importante que ne le pensent la plupart des patients, et on a tendance à l’oublier lorsqu’on dresse la liste des symptômes. Le fait de le mentionner permet aux infirmières de mieux comprendre pourquoi vous vous sentez peut-être moins bien que ne l’indique votre dossier médical. C’est un petit détail qui a un réel impact.
12. Si ce n'est pas la première fois que vous rencontrez ce problème
Un « nouveau » symptôme qui s’avère en réalité récurrent modifie la manière dont il doit être pris en charge et le degré d’urgence requis. Les infirmières préfèrent entendre « cela s’est déjà produit » plutôt que de devoir reconstituer le tableau clinique a posteriori. Les antécédents ont plus d’importance que les patients ne le pensent généralement.
13. Si les informations fournies par un professionnel de santé ne correspondent pas à celles d'un autre
Les divergences d’informations entre médecins, spécialistes ou équipes de garde sont plus fréquentes qu’elles ne devraient l’être, et il est déstabilisant de rester silencieux face à cette situation. En en parlant ouvertement, vous permettez à l’équipe de régler ces divergences au lieu de vous laisser pris entre deux feux. Les infirmières ne peuvent remédier qu’aux problèmes dont elles ont connaissance.
14. Si vous êtes inquiet quant à un résultat précis
Un sentiment vague d’inquiétude est plus difficile à gérer qu’une crainte précise, comme celle de perdre son autonomie, d’obtenir un mauvais résultat d’examen ou de devoir faire face à une longue convalescence. En identifiant clairement cette crainte, l’infirmière peut y répondre directement, au lieu de se contenter de vous rassurer de manière générale, ce qui ne résout pas le problème. Plus vous serez précis, plus elle pourra vous aider.
15. Que vous fumiez ou que vous utilisiez une cigarette électronique
Quelle que soit la fréquence de cette habitude, une réponse honnête modifie les évaluations des risques liés aux soins, à l’anesthésie et à certains médicaments. Les infirmières ont déjà entendu toutes les variantes de « juste pour le plaisir » et ne sont pas déstabilisées par le chiffre réel. Une estimation erronée dans ce domaine a des répercussions sur des décisions cruciales.
16. Si vous vous sentez ignoré ou que vous avez l'impression que personne ne vous écoute
Si vous avez l’impression que quelque chose est fait à la hâte, n’est pas clair ou est passé sous silence, le fait de le signaler permet à l’infirmière de prendre le temps nécessaire ou de vous expliquer à nouveau. Le silence est souvent interprété comme un signe d’accord, même quand ce n’est pas le cas. Prendre la parole est le seul moyen de combler ce fossé.
17. Que vous ne souhaitiez pas de traitement particulier
Le consentement peut évoluer une fois que l’on prend pleinement conscience de la réalité d’un traitement, et il n’y a aucun mal à exprimer ouvertement son malaise plutôt que de se soumettre à quelque chose à contrecœur. Les infirmières préfèrent revenir sur la discussion plutôt que de poursuivre en se basant sur un « oui » qui s’est discrètement transformé en « non ». Il n’est jamais trop tard pour le dire.
18. Votre logement est-il vraiment sûr ?
Si le retour à domicile implique un soutien limité, un cadre de vie précaire ou l’absence de personne pour aider à accomplir les tâches quotidiennes, ces informations modifient considérablement la planification de la sortie. Les infirmières et les référents sociaux peuvent souvent organiser une aide, mais uniquement si la situation réelle est clairement exposée. Partir du principe que tout va bien à la maison ne suffit pas à rendre cela vrai.
19. Si un effet secondaire d'un médicament vous empêche de le prendre
Il est fréquent d’arrêter un traitement parce qu’il provoque des nausées, des vertiges ou des troubles de la concentration ; ce problème peut souvent être résolu en ajustant la posologie ou en optant pour un autre médicament. Les infirmières préfèrent de loin que vous leur en parliez plutôt que de découvrir plus tard une interruption du traitement. Il existe généralement une solution si vous leur expliquez la véritable raison.
20. Que vous avez juste besoin d'une minute avant de répondre à d'autres questions
Parfois, la chose la plus honnête qu’un patient puisse dire, c’est qu’il se sent submergé et qu’il a besoin d’une pause avant de répondre à une nouvelle série de questions. Les infirmières le comprennent généralement mieux que ne le pensent les patients et préfèrent ralentir le rythme plutôt que de forcer le passage dans un moment où le dialogue ne passe pas. Le dire n’est pas un échec, c’est simplement une information utile.