Dites-le haut et fort : 10 raisons pour lesquelles crier peut être bénéfique et 10 raisons pour lesquelles cela peut être néfaste
Que vous ayez crié dans votre oreiller après une journée difficile ou entonné votre chanson préférée à tue-tête dans la voiture, vous connaissez sans doute mieux que vous ne le pensez cette envie de vous laisser aller. Mais saviez-vous que crier peut en réalité avoir un effet thérapeutique ? Qu’il s’agisse de vous aider à évacuer les tensions physiques ou de favoriser la régulation émotionnelle, laisser libre cours à sa voix présente de nombreux avantages — mais cela peut aussi causer des dommages durables si l’on ne fait pas attention. Examinons de plus près tous les avantages et les inconvénients.
1. Cela permet de relâcher les tensions physiques dans votre corps
Lorsque vous criez, vos muscles se contractent puis se relâchent, ce qui peut procurer une sensation physique de soulagement perceptible dans tout votre corps. Vous remarquerez peut-être, par exemple, que vos épaules sont moins tendues et que votre mâchoire se détend naturellement après un bon cri prolongé.
2. Cela déclenche une réaction hormonale bénéfique
Crier déclenche la libération d’adrénaline et d’autres hormones du stress, ce qui peut aider votre corps à gérer plus efficacement les émotions envahissantes. Une fois que cette poussée hormonale atteint son paroxysme, votre système nerveux s’efforce de retrouver un état plus calme, et ce retour au calme contribue à rendre l’expérience si apaisante. C’est l’une des raisons pour lesquelles on se sent souvent étrangement serein et l’esprit clair après avoir pleuré ou crié.
3. Cela peut vous aider à surmonter votre deuil
Les spécialistes du deuil savent depuis longtemps que l’expression vocale joue un rôle essentiel dans le processus de deuil, et que le cri est l’une des formes les plus spontanées qui permettent de tout laisser sortir. Réprimer sa douleur prolonge souvent le processus de deuil, tandis que se permettre de la ressentir pleinement et de l’exprimer peut aider à traverser plus efficacement les étapes les plus difficiles. Se donner la permission de crier dans un cadre sûr et intime peut faciliter l’acceptation des émotions qui s’ensuivent.
4. Il est utilisé dans certains contextes thérapeutiques
La thérapie primale et d’autres approches thérapeutiques expressives intègrent depuis des décennies les cris comme pratique délibérée, leurs praticiens estimant que la douleur émotionnelle refoulée peut être libérée par une expression physique et vocale intense. Bien que ces méthodes ne fassent pas l’unanimité dans le domaine de la santé mentale, elles bénéficient d’un public fidèle parmi les professionnels qualifiés. Si cette approche vous intéresse, il est recommandé d’en discuter avec un thérapeute agréé qui pourra vous guider en toute sécurité.
5. Il favorise la régulation émotionnelle
Pour certaines personnes, crier sert de soupape de sécurité ; cela empêche les émotions de s’accumuler jusqu’à devenir impossibles à gérer. Lorsque l’on y a recours de manière intentionnelle plutôt que par réflexe, cela peut constituer un outil salutaire pour gérer des émotions intenses telles que la colère, la frustration ou la peur aiguë. Apprendre à reconnaître le moment où l’on approche de ses limites émotionnelles et y répondre par un exutoire délibéré est une forme de conscience de soi qui est bénéfique pour la santé mentale en général.
6. Cela peut réduire le sentiment d'anxiété
Le fait de crier vous oblige à expirer profondément et avec force, ce qui active le système nerveux parasympathique et peut atténuer certains des symptômes physiques de l’anxiété. Votre rythme cardiaque et votre respiration ont tendance à se stabiliser plus rapidement après une libération vocale intense que si vous vous contentiez de rester assis à ressentir cette émotion. Certains thérapeutes recommandent de crier dans un oreiller ou d’utiliser un espace insonorisé comme stratégie d’adaptation à court terme lors de pics d’anxiété aigus.
7. Cela favorise l'expression authentique des émotions
Beaucoup de gens dépensent une énergie considérable à réprimer ce qu’ils ressentent réellement, et le cri est l’une des rares formes d’expression qu’il est pratiquement impossible de simuler ou d’atténuer. Lorsque vous vous autorisez à crier, vous permettez à votre corps et à votre voix d’exprimer ce que les mots ne parviennent parfois pas tout à fait à traduire. Ce type d’expression spontanée peut constituer une première étape importante pour gérer des émotions dont vous ne soupçonniez même pas l’existence.
8. Cela peut vous aider à renforcer votre voix et à mieux contrôler votre respiration
D’un point de vue purement physique, les exercices de cris contrôlés font travailler les muscles impliqués dans la vocalisation et peuvent, à terme, améliorer la capacité pulmonaire, du moins lorsqu’ils sont encadrés par un coach vocal qualifié. Il est toutefois important de garder à l’esprit que crier sans technique appropriée risque davantage d’endommager votre voix que d’améliorer votre capacité pulmonaire ou votre santé vocale.
9. Cela donne un sentiment d'autonomie
Il y a quelque chose dans le fait de crier à pleins poumons qui peut procurer un profond sentiment d’affirmation de soi, en particulier pour les personnes qui ont tendance à se retenir ou à ne pas se faire entendre au quotidien. Crier à tue-tête peut changer votre état d’esprit et vous rappeler que vos sentiments sont légitimes et méritent d’être exprimés ; vous vous sentirez sans doute plus sûr de vous et plus ancré dans la réalité après coup.
10. Cela peut être une expérience qui renforce les liens sociaux
Vous avez honte de crier tout seul ? Faites-le en groupe ! Les activités de cris en groupe ont gagné en popularité car elles répondent à un besoin humain commun de libération cathartique ; faire quelque chose d’intense aux côtés d’autres personnes peut créer un sentiment de connexion et de compréhension mutuelle difficile à reproduire dans des contextes de groupe plus conventionnels. Que ce soit avec vos amis ou un petit groupe d’inconnus, crier ensemble peut faire tomber les barrières sociales et aider les gens à se sentir moins seuls face à ce qu’ils vivent.
Maintenant que vous avez vu comment crier peut jouer en votre faveur dans de bonnes conditions, il vaut la peine d’examiner honnêtement l’autre côté de la médaille. Comme pour la plupart des choses, trop d’une bonne chose peut tout de même être une mauvaise chose, et crier ne fait pas exception.
1. Cela peut endommager vos cordes vocales
Comme mentionné précédemment, crier à plein volume et sans technique appropriée sollicite fortement vos cordes vocales, ce qui peut entraîner, à long terme, une inflammation, la formation de nodules, voire des hémorragies. Les chanteurs et les professionnels qui utilisent leur voix à titre professionnel connaissent bien ce risque ; ils s’entraînent spécifiquement pour projeter leur voix sans endommager les tissus délicats concernés. Si vous criez fréquemment ou avec beaucoup de force, vous vous exposez à un risque réel de lésions vocales à long terme qui pourraient affecter votre voix parlée au quotidien.
2. Cela peut parfois aggraver l'anxiété au lieu de la soulager
Si crier de manière contrôlée dans un environnement calme peut aider certaines personnes à se détendre, crier de manière impulsive lors d’une crise de panique ou d’un moment de stress intense peut en réalité aggraver votre état d’excitation physiologique. Votre corps peut interpréter le fait de crier comme une confirmation que la situation est dangereuse, ce qui entretient la réaction de stress au lieu de l’apaiser. Pour les personnes déjà sujettes à l’anxiété, cela peut créer un cercle vicieux dont il est plus difficile de sortir que du sentiment initial qui l’a déclenché.
3. Cela peut, à terme, réduire votre seuil de tolérance au stress
Lorsque les cris deviennent une réaction habituelle face à la frustration, votre système nerveux peut finir par les considérer comme la norme, ce qui signifie que des déclencheurs de plus en plus insignifiants vous semblent justifier une réaction intense. Cette baisse progressive de votre tolérance peut vous donner l’impression que les facteurs de stress quotidiens sont bien plus insurmontables qu’ils ne le sont en réalité, ce qui aggrave le problème initial au lieu de le résoudre. Avec le temps, vous constaterez peut-être que votre capacité à supporter un certain malaise sans que la situation ne dégénère s’est discrètement érodée, vous laissant moins résilient émotionnellement qu’auparavant.
4. Cela peut vous laisser un sentiment d'épuisement émotionnel par la suite
Même si crier peut procurer un bref sentiment de soulagement, cela s’accompagne souvent d’un profond effondrement émotionnel une fois que l’adrénaline s’est dissipée, et peut parfois vous laisser épuisé, vide, voire dans un état pire qu’avant. Ce genre d’épuisement peut rendre plus difficile le fait de fonctionner normalement pour le reste de la journée, surtout si vous avez des responsabilités qui exigent de la concentration et un équilibre émotionnel.
5. Cela peut renforcer la colère au lieu de la faire disparaître
Contrairement à ce que l’on croit souvent, exprimer sa colère en criant ne suffit pas toujours à la faire disparaître ; dans certains cas, cela ne fait que l’amplifier. Des études publiées dans des revues de psychologie ont montré que les comportements cathartiques peuvent accroître l’agressivité au lieu de la dissiper, selon l’état d’esprit de la personne et le contexte dans lequel s’inscrit cette explosion de colère. Si vous êtes déjà dans un état émotionnel intense, crier risque de vous maintenir dans cet état d’excitation plutôt que de vous aider à vous calmer.
6. Cela peut déranger et effrayer les personnes qui vous entourent
Même les cris thérapeutiques poussés dans l’intimité peuvent inquiéter les voisins, les colocataires ou les personnes à proximité qui ne savent pas ce qui se passe. Si vous comptez sur ces cris pour évacuer des émotions refoulées, veillez à bien choisir le lieu et le moment où vous le faites, surtout si vous vivez à proximité d’autres personnes.
7. Cela peut déclencher des réactions traumatiques chez les autres
Crier peut avoir des conséquences bien plus graves que le simple fait d’effrayer les autres ; les personnes qui ont grandi dans des foyers instables ou qui ont subi des maltraitances peuvent avoir une forte réaction physiologique lorsqu’elles entendent quelqu’un crier, même si ce cri ne leur est pas destiné. Le bruit des voix qui s’élèvent peut exacerber l’anxiété chez ces personnes, une anxiété difficile à gérer sur le moment, quel que soit le contexte ou l’intention derrière ces cris. Il est particulièrement important d’en être conscient dans les espaces partagés où l’on ne peut pas toujours anticiper ce que les autres autour de soi ont vécu.
8. Cela peut refléter un manque de capacités d'adaptation
Lorsque les cris deviennent la réaction automatique face à la frustration ou au sentiment d’être dépassé, cela révèle souvent des lacunes dans la manière dont on a appris à gérer et à exprimer les émotions difficiles. La régulation émotionnelle est un ensemble de compétences qui s’acquiert, et le fait de recourir systématiquement aux cris suggère qu’il serait peut-être utile de mettre en place des stratégies plus efficaces pour gérer le stress. Le fait de consulter un professionnel de la santé mentale peut faire une différence considérable dans la manière dont vous réagissez aux moments difficiles, sans que la situation ne dégénère au point de vous le regretter par la suite.
9. Cela peut avoir des conséquences physiques qui vont au-delà de votre voix
Au-delà de la fatigue vocale, les cris fréquents peuvent entraîner une élévation de la tension artérielle, une augmentation de la tension musculaire au niveau du cou et du visage, ainsi que des maux de tête persistants. L’état physiologique qui accompagne les cris intenses correspond essentiellement à une réaction de stress touchant l’ensemble du corps, et le fait de déclencher cette réaction à plusieurs reprises a des conséquences néfastes sur votre système cardiovasculaire. Si les cris sont devenus pour vous un exutoire régulier, ils risquent, à long terme, de causer à votre corps bien plus de tort que de bien.
10. Cela peut mettre votre cœur à rude épreuve
Comme l’effort physique intense que représente le fait de crier provoque une hausse soudaine de la tension artérielle et du rythme cardiaque, cela peut, à la longue, exercer une réelle pression sur votre système cardiovasculaire. Pour les personnes souffrant déjà de troubles cardiaques ou d’hypertension, cette méthode de libération cathartique n’est peut-être pas la plus adaptée, et vous pourriez préférer essayer d’autres techniques, comme la tenue d’un journal intime.