Aujourd’hui, nous sommes nombreux à porter une montre connectée au poignet, à avoir une balance dans la salle de bains, à consulter nos résultats d’analyses médicales sur un portail en ligne et à voir s’afficher un score généré par une application qui tente de résumer l’état de notre corps avant même que nous ayons bu notre café. Certaines de ces données sont utiles, surtout lorsqu’elles permettent de détecter un risque à un stade précoce ou de mettre en évidence une tendance sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. D’autres ne sont que du bruit déguisé en information, et peuvent vous plonger dans une spirale d’angoisse à cause d’une mauvaise nuit de sommeil, d’un week-end riche en plats à emporter ou d’un chiffre qui a varié pour des raisons tout à fait banales. Les meilleurs indicateurs sont ceux qui vous aident à prendre une décision concrète ; quant aux autres, ils peuvent rester dans l’ombre.
1. Tension artérielle
La tension artérielle reste l’un des indicateurs les plus fiables du risque de maladie cardiaque et d’AVC, et elle commence souvent à augmenter bien avant que vous ne ressentiez quoi que ce soit. Des mesures effectuées chez soi, de manière appropriée, sur plusieurs jours, vous en apprendront généralement davantage qu’un simple chiffre relevé à la hâte lors d’une consultation médicale.
2. Évolution de la fréquence cardiaque au repos
La fréquence cardiaque au repos peut vous en apprendre beaucoup si vous observez la tendance plutôt qu’une simple mesure ponctuelle. Elle varie en fonction de votre condition physique, de votre récupération, de votre niveau de stress, de votre état de santé et de votre sommeil ; c’est pourquoi une évolution constante au fil du temps mérite davantage d’attention qu’une simple mauvaise matinée.
3. Cholestérol LDL
Le LDL est important car il joue un rôle direct dans l’accumulation de plaque dans les artères, ce qui correspond exactement au type de problème de santé à évolution lente qu’il faut détecter dès les premiers stades. C’est l’un de ces chiffres bien peu glamour de la vie d’adulte qui, au final, s’avère bien plus important que ceux, bien plus tape-à-l’œil, que votre montre vous affiche.
4. HbA1c ou autres marqueurs de la glycémie
Le taux d’A1C vous donne une vision à plus long terme de votre glycémie sur les deux ou trois derniers mois, ce qui permet de détecter les problèmes avant même que les symptômes ne se manifestent. Cette détection précoce peut s’avérer cruciale pour repérer un prédiabète ou un diabète et prendre des mesures tant que la situation est encore gérable.
5. Tour de taille
Le tour de taille a toute sa place, car il permet de détecter la graisse abdominale d’une manière que le poids corporel seul ne permet pas. Ce type de graisse est plus étroitement lié aux risques cardiométaboliques ; ainsi, un simple mètre ruban peut parfois vous révéler des informations que la balance ne peut pas fournir.
6. Évolution du poids corporel
Le poids peut tout de même être utile si l’on prend du recul et que l’on observe l’évolution sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. Une variation soudaine après un dîner riche en sel, un vol en avion, vos règles ou un dimanche de farniente ne vous apprend généralement rien de significatif sur votre masse graisseuse.
7. Durée du sommeil
La durée totale du sommeil reste l’un des indicateurs les plus utiles, car un manque de sommeil chronique est associé à toute une série de problèmes de santé. La question classique de savoir si l’on dort suffisamment a bien plus d’importance que le fait qu’une application vous ait attribué une étoile d’or pendant la nuit.
8. Minutes d'activité
Il est utile de suivre le total hebdomadaire de ses activités, car la régularité est plus importante qu’un élan de motivation ponctuel. Une routine qui vous fait bouger plusieurs fois par semaine est plus bénéfique pour la santé à long terme qu’une séance d’entraînement intensive le samedi suivie de quatre jours passés assis.
9. Nombre de pas
Le nombre de pas n’est pas parfait, mais il reste un bon indicateur pour savoir si vous bougez tout au long de la journée ou si vous passez dix heures assis à votre bureau. Il sert surtout à vous motiver, et non à vous juger, et c’est l’une des données les plus utiles fournies par la plupart des appareils portables.
10. Capacité cardiorespiratoire
Cela peut sembler un peu technique, mais le principe est assez simple : il s’agit de savoir dans quelle mesure votre cœur et vos poumons supportent l’effort. En surveillant votre endurance, votre rythme et votre récupération au fil du temps, vous pouvez vous faire une idée assez précise de l’évolution de votre condition physique générale : s’améliore-t-elle, reste-t-elle stable ou régresse-t-elle légèrement ?
1. Fluctuations quotidiennes des cours
Les variations de poids au quotidien sont souvent liées à la rétention d’eau, à la digestion, au sodium, aux hormones ou au fait que le corps est imprévisible et obéit rarement à nos ordres. Pour la plupart des personnes en bonne santé, une variation ponctuelle entre vendredi et samedi n’a en soi pas grande importance.
2. IMC
L’IMC est un outil de dépistage, pas un bilan de santé complet, et il passe sous silence de nombreux éléments importants dans la vie quotidienne. Il ne vous indique pas où se trouve votre graisse, quelle est votre masse musculaire, quel est votre niveau de forme physique, ni quels sont vos résultats de tension artérielle et d’analyses sanguines ; c’est pourquoi il est trop réducteur pour être utilisé seul.
3. Scores ponctuels du sommeil
Les trackers de sommeil grand public peuvent être utiles pour dégager des tendances générales, même si un mauvais résultat après un vol de nuit, un dîner tardif ou une journée de travail stressante ne mérite pas toute l’importance émotionnelle qu’on lui accorde. Une mauvaise nuit n’est qu’un incident isolé et en dit généralement moins long que la tendance observée sur l’ensemble du mois.
4. Chiffres relatifs à la dépense calorique des appareils portables
Il s’agit toujours de l’un des domaines les moins bien maîtrisés en matière d’appareils grand public, et les estimations peuvent varier considérablement selon la marque et l’activité. Cela peut servir de tendance générale si vous êtes curieux, mais il n’est pas recommandé de s’y fier comme à une science exacte.
5. VRC
La variabilité de la fréquence cardiaque est une mesure objective, même s’il est facile d’y accorder trop d’importance lorsqu’on la consulte sur un appareil portable comme on le ferait pour les prévisions météo. Elle fluctue pour de nombreuses raisons ; ainsi, une valeur faible relevée un lundi matin ne doit pas nécessairement dicter le cours de toute votre journée.
16. Mesures de la masse graisseuse
Les balances intelligentes évaluent généralement la masse graisseuse à l’aide de l’impédance bioélectrique, et ces mesures peuvent varier en fonction de l’hydratation, d’une activité physique récente, de l’heure de la journée et d’autres facteurs tout à fait normaux. Cela en fait un chiffre assez peu fiable sur lequel se focaliser quand on se tient dans la salle de bains, à moitié endormi.
17. SpO2 sans raison
Les oxymètres de pouls peuvent s’avérer utiles dans un contexte médical approprié, notamment lorsqu’une personne présente des symptômes respiratoires ou qu’on lui a conseillé de surveiller son taux d’oxygène. Pour la plupart des personnes en bonne santé qui vérifient leurs valeurs depuis leur canapé sans raison particulière, il s’agit surtout de données supplémentaires qui n’ont guère d’utilité au quotidien.
18. Le compteur de pas… Encore une fois
Le nombre de pas permet de savoir si vous avez bougé, ce qui est utile, mais il ne tient pas compte de la musculation, de la souplesse, du sommeil, de la tension artérielle ni de votre condition physique générale. Vous pouvez atteindre un objectif de pas bien rond tout en négligeant la moitié des habitudes qui contribuent réellement à votre santé à long terme.
19. Sodium
La teneur en sodium est importante, notamment pour la tension artérielle, même si la plupart des gens n’ont pas besoin de transformer leur déjeuner en une analyse minutieuse. Les habitudes alimentaires globales sur l’ensemble de la semaine ont généralement plus d’importance que de scruter minutieusement chaque chiffre figurant sur chaque étiquette.
20. Considérer chaque petit incident comme un diagnostic
Les données de santé des consommateurs sont plus utiles lorsqu’on s’en sert pour identifier des tendances plutôt que pour céder à la panique. Dès lors que le suivi se transforme en une observation obsessionnelle de son propre corps et qu’on attribue une signification à chaque petit écart, il perd toute utilité et ne fait plus qu’alimenter l’anxiété.