Certains exercices semblent si simples que l’on a tendance à penser qu’il n’y a pas grand-chose à rater. On se penche, on pousse, on tire, on s’accroupit, on répète, et tant que ça demande de l’effort, ça doit marcher. Mais beaucoup de mouvements courants en salle de sport dérapent toujours de la même manière prévisible : les épaules remontent, le bas du dos prend le relais, l’élan fait plus de travail que les muscles, et la technique se dégrade lentement dès que la série devient inconfortable. Ce qui est frustrant, c’est que ces erreurs ne semblent généralement pas dramatiques sur le moment ; elles rendent simplement l’exercice moins efficace ou plus difficile pour les mauvaises articulations. Cependant, une fois que vous remarquez vos erreurs, vous commencez à voir comment quelques petits ajustements peuvent complètement changer la sensation que procure le mouvement.
1. Squats
Beaucoup de gens s’accroupissent en descendant tout droit sans vraiment contrôler la coordination entre leur torse et leurs hanches. Les genoux s’affaissent, les talons se soulèvent, et l’exercice finit par ressembler davantage à une lutte pour garder l’équilibre qu’à un mouvement puissant du bas du corps. Réalisés de cette manière, les squats peuvent se transformer en un mélange chaotique de compensations, surtout lorsque la charge augmente.
2. Pompes
Les pompes ne sont pas effectuées correctement lorsqu’elles se transforment en demi-répétitions, avec le ventre qui s’affaisse et les coudes qui s’écartent. On croit souvent qu’on travaille les pectoraux et les bras, mais en réalité, on se contente simplement d’effectuer le mouvement tant bien que mal. Dès que le cou commence à se pencher vers l’avant et que les hanches s’affaissent, toute la posture s’effondre.
3. Soulevés de terre
Le soulevé de terre est l’un des moyens les plus rapides de déterminer si quelqu’un soulève réellement une charge ou s’il se contente de la tirer brusquement du sol. Les erreurs courantes consistent à cambrer le dos, à se placer trop loin de la barre et à aborder le mouvement comme une simple traction rapide plutôt que comme un effort mobilisant tout le corps. Le mouvement semble puissant jusqu’à ce qu’il apparaisse soudainement tout à fait incorrect.
4. Fentes
On a souvent tendance à précipiter les fentes, et c’est justement pour cela qu’elles deviennent bâclées. On vacille, on fait des pas trop courts, on laisse le genou arrière s’affaisser, et on finit par transformer un exercice unilatéral maîtrisé en un exercice d’équilibre chancelant. Au lieu de développer sa force de manière équilibrée, le côté le plus fort prend peu à peu le dessus.
5. Lignes
Les tractions sont souvent mal exécutées, car elles favorisent l’élan. Au lieu de tirer avec le dos, les gens projettent le poids vers le haut d’un coup sec, haussent les épaules vers le cou et laissent les épaules rouler vers l’avant en bas du mouvement. Cela ressemble davantage à un balancement qu’à une traction, ce qui explique pourquoi le mouvement perd presque immédiatement toute sa fluidité.
6. Planches
La planche semble être un exercice infaillible, jusqu’à ce qu’on observe quelqu’un la maintenir pendant plus de dix secondes. Les hanches descendent trop bas ou montent trop haut, les épaules s’affaissent, et ce qui devrait être un exercice de renforcement se transforme en une simple suspension passive. Plus ça dure, moins ça ressemble à un travail des abdominaux et plus ça ressemble à de l’attente.
7. Développés au-dessus de la tête
Les développés au-dessus de la tête se transforment souvent en une sorte de cambrure arrière étrange en position debout. Au lieu de pousser à partir d’une cage thoracique stable et d’une posture bien alignée, les gens écartent les côtes, se penchent en arrière et projettent la charge au-dessus de la tête en suivant le chemin qui leur semble le plus facile. Techniquement, cela compte toujours comme une répétition, mais ce n’est pas une répétition très propre.
8. Tractions latérales
Les tractions latérales déraillent lorsque les gens tirent la barre derrière la nuque, balancent leur torse ou transforment tout le mouvement en une inclinaison spectaculaire vers l’arrière. À ce stade, les grands dorsaux ne sont plus les vedettes du spectacle. Cela a l’air impressionnant, mais c’est généralement plus agréable en théorie qu’en pratique.
9. Ponts fessiers
Les ponts fessiers sont souvent pris en charge par le bas du dos, bien plus souvent qu’on ne le pense. Au lieu de pousser de manière contrôlée à partir des hanches, on a tendance à cambrer fortement le dos en haut du mouvement et à privilégier l’amplitude plutôt que la tension. Le mouvement a l’air impressionnant, mais les muscles que l’on souhaite solliciter ne travaillent pas autant qu’ils le devraient.
10. Flexions des biceps
Les flexions des biceps sont sans doute l’exercice le plus souvent mal exécuté en salle de sport. Le poids oscille, les coudes dérivent, le torse se balance, et soudain, c’est davantage l’enthousiasme que les biceps qui permettent de terminer la répétition. C’est l’un des exemples les plus frappants d’un exercice qui se détériore à mesure qu’il prend de l’ampleur.
Voici donc 10 petites astuces qui peuvent corriger tout cela plus rapidement que la plupart des gens ne le pensent.
1. Effectuez les premières répétitions lentement
L’une des solutions les plus simples consiste à cesser de considérer la première répétition comme si elle vous devait quelque chose. En ralentissant les premières répétitions de chaque série, vous vous donnez le temps de trouver le bon mouvement, de sentir où la charge s’exerce réellement et de remarquer si vous êtes déjà en train de compenser. C’est une simple remise à zéro qui rend les mauvaises habitudes beaucoup plus difficiles à dissimuler.
2. Utilisez moins de poids
C’est la correction la moins spectaculaire, mais sans doute celle qui apporte le plus de changements. Dès que la charge devient trop lourde, la technique se transforme en un jeu de compromis, et votre corps commence à trouver des raccourcis que vous n’aviez pas demandés. En réduisant légèrement l’intensité, l’exercice semble souvent plus difficile exactement là où il était censé l’être depuis le début.
3. Pensez « empilé » plutôt que « haut »
La technique s’améliore considérablement lorsque l’on cesse de chercher à se tenir droit et que l’on se concentre plutôt sur le fait de garder les côtes au-dessus des hanches. Cette petite astuce est utile pour les squats, les développés, les planches et même les fentes, car elle empêche le torse de se cambrer de manière excessive. Elle permet de créer une base plus stable sans pour autant rendre le mouvement raide.
4. Maîtriser la position basse
La plupart des exercices échouent là où l’on se sent le plus faible, c’est-à-dire généralement en position basse. Si vous parvenez à marquer une brève pause en position basse lors d’un squat, d’une pompe, d’une fente ou d’un mouvement de rameur sans perdre votre posture, c’est que vous êtes probablement bien positionné. Si tout s’effondre instantanément, c’est une information utile, pas un échec.
5. Maintenez la tension avant de commencer la répétition
Une bonne répétition commence généralement avant même que le mouvement ne soit visible. Que ce soit pour les soulevés de terre, les tirages, les pulldowns ou les développés, prendre une seconde pour se stabiliser, positionner les épaules ou créer une tension avant de tirer ou de pousser change complètement la sensation du mouvement. Cela rend la répétition moins désinvolte et la rend beaucoup plus efficace.
6. Mieux exploiter l'espace au sol
Un nombre surprenant de problèmes s’améliorent lorsque l’on prend conscience de la façon dont les pieds ou les mains appuient sur le sol. Lors des squats et des fentes, cela signifie rester en contact avec le sol sur toute la surface du pied au lieu de basculer sur le côté. Lors des pompes et des planches, cela signifie pousser activement sur le sol au lieu de s’enfoncer dedans.
7. Cessez de courir après des performances que vous ne pouvez pas contrôler
Une amplitude de mouvement plus grande n’est pas forcément meilleure si la fin du mouvement repose sur l’élan, provoque une irritation articulaire ou adopte une position que vous ne pouvez pas maintenir. Une répétition plus courte et plus propre vaut généralement mieux qu’une répétition plus ample qui se transforme en compensation à la fin. Cela est particulièrement important pour les développés, les ponts, les tirages verticaux et les flexions, où l’ego adore puiser dans d’autres mouvements pour compenser.
8. Plateau de tournage n° 1
Les gens sont souvent surpris par le décalage entre ce qu’ils ressentent lorsqu’ils font une répétition et ce à quoi celle-ci ressemble réellement. Une courte vidéo filmée de profil ou de face peut révéler un affaissement des genoux, un écartement des côtes, une amplitude réduite ou une trajectoire de la barre qui part dans tous les sens. Ce n’est pas très glamour, mais c’est l’un des moyens les plus rapides de corriger un véritable problème plutôt que de se contenter de deviner.
9. Adaptez le rythme à l'objectif
Si chaque répétition est effectuée à la hâte, ce sont souvent les muscles les plus puissants et les mauvaises habitudes qui prennent le dessus. Un rythme plus régulier permet aux positions plus faibles de s’exprimer et oblige les muscles ciblés à fournir davantage d’effort. Pas besoin de compter de manière mécanique : il suffit d’un contrôle suffisant pour que l’exercice reste sous votre maîtrise du début à la fin.
10. Arrêtez la série avant que la qualité de l'exécution ne baisse
Beaucoup de gens jugent une série sur le fait de l’avoir techniquement terminée, et non sur la question de savoir si les dernières répétitions valaient la peine d’être effectuées. Il y a une différence entre s’entraîner à fond et se laisser aller. S’arrêter une ou deux répétitions plus tôt procure souvent un meilleur effet d’entraînement que de s’acharner sur des répétitions supplémentaires mal exécutées qui enseignent à votre corps une mauvaise technique.