La douleur au genou s’aggrave rarement à la suite d’un événement soudain et dramatique. La plupart du temps, elle s’installe progressivement, à force d’une succession de petites habitudes insignifiantes qui, sans qu’on s’en rende compte, ajoutent discrètement une contrainte à une articulation déjà fragilisée. Aucune de ces habitudes ne semble dangereuse en soi, et c’est précisément pour cela qu’il est si facile de les maintenir sans se rendre compte de la tendance qui se dessine. Un genou déjà irrité a tendance à être bien moins indulgent envers les petites erreurs qu’un genou en bonne santé. Voici 20 habitudes quotidiennes qui peuvent progressivement aggraver la douleur au genou au fil du temps.
1. Avoir des kilos en trop
Chaque livre supplémentaire exerce sur le genou une pression plusieurs fois supérieure à son poids à chaque pas, ce qui finit rapidement par s’accumuler au cours d’une journée. Même une prise de poids modeste peut modifier la charge que l’articulation doit supporter lors d’une marche normale, bien avant que cela ne se traduise par un changement significatif sur la balance.
2. Ne pas faire d'échauffement
Se lancer directement dans l’effort avec des muscles froids et raides exerce une pression plus importante directement sur l’articulation du genou elle-même plutôt que sur les muscles environnants. Quelques minutes d’échauffement préalable permettraient normalement d’alléger une partie de cette charge, ce qui donne l’impression que sauter cette étape est sans danger… jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas.
3. Chaussures usées
Les chaussures qui ont perdu leur amorti n’absorbent plus les chocs comme avant, et ces chocs doivent bien être répercutés quelque part. Les vieilles baskets ont tendance à se décaler légèrement à chaque pas, ce que le genou finit par compenser imperceptiblement au fil des mois d’utilisation.
4. Rester assis trop longtemps
Rester assis pendant de longues périodes entraîne un relâchement et un affaiblissement des muscles autour du genou, en particulier des quadriceps, qui sont censés soutenir l’articulation. Une raideur a tendance à s’installer pendant la période où l’on est assis, puis se manifeste dès que l’on se lève enfin.
5. Faiblesse des muscles des hanches et des fessiers
Les hanches et les fessiers influencent grandement le mouvement du genou, et lorsqu’ils sont affaiblis, le genou se retrouve souvent à supporter une charge pour laquelle il n’est pas conçu. Un mauvais alignement au niveau des parties supérieures se traduit souvent par des douleurs au niveau des parties inférieures, même lorsque le genou lui-même n’était pas à l’origine du problème.
6. Surmonter la douleur
Continuer une activité alors que le genou commence à envoyer des signaux de douleur ne fait généralement qu’aggraver l’irritation déjà présente. Une douleur lors d’un mouvement signifie généralement que l’articulation a besoin d’une pause ; ce n’est pas un obstacle qu’il faut surmonter pour faire une série de plus.
7. Porter des talons hauts
Les talons font basculer le poids du corps vers l’avant et modifient l’angle de l’articulation du genou à chaque pas, exerçant ainsi une pression à laquelle celle-ci n’est pas conçue pour résister. Le fait de les porter régulièrement a des conséquences qui ne sont pas évidentes tant que l’articulation ne commence pas à se manifester d’elle-même.
8. Mauvaise technique lors des squats ou des exercices de musculation
Laisser les genoux s’affaisser vers l’intérieur ou se déplacer trop vers l’avant lors d’un squat concentre la force sur des parties de l’articulation qui ne sont pas destinées à l’absorber. Répéter ce même mouvement incorrect jour après jour use progressivement exactement le même endroit à chaque fois.
9. Dormir dans une position tordue
Dormir avec le genou plié et tordu, surtout sans appui entre les jambes, soumet l’articulation à une légère tension pendant des heures d’affilée. Placer un oreiller entre les genoux permet généralement de maintenir une position plus neutre pendant la nuit, ce qui constitue une petite solution à une habitude à laquelle la plupart des gens ne pensent jamais.
10. Mauvaise posture
Une posture voûtée ou déséquilibrée modifie la façon dont le poids est réparti au niveau des hanches et des genoux lors des mouvements quotidiens. De légers déséquilibres au niveau du haut du corps ont tendance à se traduire par une tension supplémentaire plus bas dans la chaîne musculaire, souvent à un endroit qui semble, à première vue, sans rapport.
11. S'agenouiller sur des surfaces dures
Le fait de s’agenouiller régulièrement sur des sols durs ou du béton, que ce soit pour jardiner, faire le ménage ou effectuer des travaux de bricolage, exerce une pression directe sur la rotule et les tissus qui l’entourent. Ne pas utiliser de coussin ou de genouillères permet à cette irritation de s’aggraver progressivement au fil des semaines, lors de tâches qui, en temps normal, ne présentent aucun risque.
12. Le surentraînement sans repos
Pratiquer jour après jour la même activité à fort impact sans laisser de temps de récupération ne permet pas au genou de se reposer entre deux séances. Les jours de repos ne sont pas du temps perdu pour l’articulation ; ils contribuent au contraire à sa résistance à long terme.
13. Pieds plats ou absence de soutien de la voûte plantaire
Les pieds qui s’inclinent vers l’intérieur modifient la façon dont la force remonte le long de la jambe à chaque foulée, et c’est généralement le genou qui absorbe cette différence. Des chaussures offrant un bon maintien ou des semelles orthopédiques peuvent soulager une partie de cette pression avant qu’elle ne se transforme en un problème plus grave.
14. S'asseoir souvent les jambes croisées
Rester assis les jambes croisées pendant de longues périodes place l’articulation du genou dans une position tendue et en rotation qu’elle n’est pas vraiment conçue pour maintenir pendant des heures. Le faire de temps en temps est sans danger, mais en faire une habitude quotidienne a des conséquences plus importantes que la plupart des gens ne le pensent.
15. Ne pas tenir compte des cliquetis ou des craquements
Un claquement occasionnel et indolore n’a généralement rien d’inquiétant, mais ignorer un claquement accompagné d’une douleur ou d’un gonflement revient à laisser un petit problème mécanique s’aggraver sans y remédier. Plus ce mouvement répétitif persiste sans être traité, plus il risque d’aggraver le problème sous-jacent.
16. Ne pas suivre de rééducation après une blessure
Arrêter la kinésithérapie trop tôt, dès que la douleur s’estompe alors que la force n’est pas encore entièrement revenue, rend l’articulation plus vulnérable à une nouvelle blessure. Les muscles autour du genou ont souvent besoin de plus de temps pour se reconstruire que la douleur n’en met pour disparaître, ce qu’il est facile de sous-estimer.
17. Tabagisme
Le tabagisme réduit l’apport sanguin vers les tissus entourant l’articulation et ralentit la capacité de l’organisme à réparer les petites lésions dues à l’usure. Avec le temps, le genou a de plus en plus de mal à supporter les efforts quotidiens, sans parler d’activités plus exigeantes.
18. Ne pas s'hydrater suffisamment
Le cartilage dépend en partie de son hydratation pour conserver son rôle d’amortisseur et permettre à l’articulation de bouger sans à-coups. Une déshydratation chronique peut rendre le genou plus raide et plus sensible qu’il ne le serait normalement, surtout après une longue journée passée debout.
19. Différence de longueur des jambes ou déséquilibre musculaire
Une légère différence de longueur ou de force entre les jambes modifie la répartition du poids à chaque pas. Au fil des mois et des années, le genou qui compense a tendance à s’user davantage que l’autre, souvent sans que personne ne s’en aperçoive jusqu’à ce qu’il commence à faire mal.
20. Consommer beaucoup d'aliments transformés
Une alimentation riche en sucre et en aliments transformés peut, à l’insu de chacun, favoriser l’apparition d’une inflammation dans tout le corps, y compris au niveau d’une articulation déjà irritée. Au fil des mois, cette inflammation de faible intensité peut rendre le genou plus sensible à l’effort qu’il ne le serait normalement.